Le bénéfice net part du groupe agroalimentaire recentré sur l’alimentation santé est
passé en un an de 4,18 milliards à 1,31 milliard d’euros, soit une chute de plus de 68%. Mais le résultat net courant est en hausse de 15%.

La vente de LU à l’américain Kraft ayant quelque peu gonflé les résultats en 2007, les comparaisons sont sensibles. Mais si Danone a terminé son
exercice 2008 sur une chute de 68,5% de son bénéfice net, les performances opérationnelles sont plus enviables.

Fort d’une hausse de 8,4% de son chiffre d’affaires à 15,2 milliards d’euros, le mastodonte de l’agroalimentaire désormais “focalisé à 100% sur
l’alimentation santé
” affiche une progression de 15% de son profit net courant à 1,3 milliard d’euros, un chiffre en ligne avec les attentes des analystes.

L’année dernière, l groupe français, débarrassé de ses biscuits et renforcé dans sa stratégie par le rachat du
spécialiste de l’alimentation infantile Numico – à “l’exceptionnelle rentabilité” s’était réjouit la direction il y a quelques semaines -, a
amélioré sa marge opérationnelle à 14,91 %. Et le bénéfice opérationnel a augmenté de 12% à 2,27 milliards d”euros.

Sur le seul quatrième trimestre, les ventes ont progressé de 6% à base comparable ( 10,4% à données courantes) à 3,6 milliards
d’euros mais les évolutions sont très différentes suivant les pôles, dans un contexte de ralentissement global de la demande. La nutrition infantile et
la nutrition médicale témoignent ainsi de leur fort dynamisme avec des progressions respectives de 20,8% et de 12,1%, ces deux pôles en
développement profitant toutefois d’un effet base favorable. Les métiers plus “historiques” du groupe comme les produits laitiers (Activia, Actimel, Danino et
Vitalinea ; 60% du chiffre d’affaires)  et les eaux (un peu moins de 20% du chiffre d’affaires) affichent une croissance beaucoup plus modeste (produits laitiers : 3,5%) ou
même un repli, pour les eaux (-1,5%). L’activité de la division a été marquée par hausse des volumes mais une baisse en valeur, un
phénomène dû à la part des marchés émergents sur lesquels les produits sont vendus à moindre prix. Quoi qu’il en soit, sur
l’année, toutes les divisions de Danone ont enregistré une croissance des ventes.

Pour 2009, la multinationale qui, dès novembre, se préparait à traverser une année 2009 “incertaine“, en raison de la baisse de la consommation dans
les pays industrialisés et du ralentissement de la croissance dans les pays émergents, a souligné aujourd’hui que les effets devises ont dernièrement
été plus forts que prévu.

En misant sur une situation “sans amélioration, ni effondrement significatifs, qu’il s’agisse des marchés émergents ou matures“, le groupe se fixe pour
objectif une “croissance du chiffre d’affaires en données comparables inférieur de quelques points à l’objectif de croissance moyen terme” (8-10%), une
progression continue de la marge opérationnelle courante en données comparables” et une “croissance de 10% du bénéfice net dilué par
actio
n” à données constantes.

Le groupe a tout récemment décidé d’abandonner sa gamme Essensis (la vente sera arrêtée le 1er mars en France mais sera poursuivie en Espagne et
en Italie), et reste particulièrement attendu sur la stratégie qu’il va adopter pour ses produits laitiers.

Le concurrent Nestlé publiera ses résultats annuels le 19 février prochain.

A la Bourse de Paris, le titre perdait Danone1,8% dans les premiers échanges.

LesEchos.fr