La France maintient la suspension de la culture du maïs OGM Monsanto en raison de l’incertitude sur les risques causés par sa dissémination dans
l’environnement, a confirmé jeudi à Bruxelles le Premier ministre François Fillon.

“La France maintient la suspension en attendant une décision de la
Commission (européenne), qu’elle respectera”, a-t-il déclaré au cours d’un
point de presse avec le président de la Commission européenne José Manuel
Barroso.
   “La décision de suspendre la culture (du maïs OGM) a été prise en vertu du
principe de précaution au regard des risques potentiels sur l’environnement en
matière de dissémination pour les cultures non OGM”, a rappelé M. Fillon.
   L’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, selon
lequel le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, “concerne le plan
sanitaire”, a ajouté le Premier ministre français.
   “Dont acte”, mais “il ne remet pas en cause les inquiétudes sur la question
de la dissémination”, a-t-il insisté pour justifier le maintient de la
suspension, confirmant ce qu’avait annoncé un peu plus tôt son ministère de
l’Ecologie à Paris.
   “Nous restons ouverts au dialogue”, a pour sa part assuré M. Barroso.
   La Commission a demandé à la France et à trois autres pays –Autriche,
Grèce et Hongrie– de lever leurs clauses de sauvegarde.
   “Il y aura une rencontre lundi à Bruxelles entre la France et les experts
en sécurité alimentaire des Etats membres”, a précisé M. Barroso.
   Ces experts sont chargés de se prononcer sur les clauses de sauvegarde de
la France et de la Grèce. Un vote à la majorité qualifiée est prévu au cours
de cette réunion.
   Si ce vote ne permet pas de dégager une majorité en faveur de la levée de
ces clauses de sauvegarde ou contre, le sujet devra être arbitré par les
ministres de l’Environnement de l’UE. Si les ministres ne parviennent pas à
s’entendre dans un sens ou dans l’autre, la décision reviendra à la Commission
européenne qui réclamera la levée de ces clauses.