UNE ÉGYPTIENNE de 15 ans a été testée positive au virus de la grippe aviaire H5N1, responsable de foyers épidémiques chez les volailles de-puis plus
d’un an dans le pays.

L’Égypte est, en dehors du continent asiatique, le pays le plus touché par le virus: les gouvernorats d’al-Behera, al-Gharbya, Alexandrie, al-Mania, Damiette, Gizeh, Louxor,
Menofia sont touchés par des foyers dans les élevages. Entre le 1er septembre et le 21 octobre 2006, les autorités égyptiennes ont vacciné environ 14,6
millions de volailles domestiques, selon l’organisation mondiale de la santé animale (OIE). Face au fléau de la grippe aviaire, devenu incontrôlable en Égypte ou en
Indonésie, la vaccination à grande échelle des élevages de volailles reste le seul moyen de prévenir l’épizootie.

Ce nouveau cas porte à 34 le nombre de cas humains (on compte déjà 14 morts) depuis l’apparition du virus en Égypte, a annoncé dimanche le ministère de
la Santé. Marina Kamil Mikhaïl, une jeune habitante de Chobra, un quartier populaire du Caire, a été hospitalisée jeudi avec une forte fièvre.
L’adolescente, qui a été en contact avec des volailles, a reçu du Tamiflu. La majorité des victimes du H5N1 d’origine aviaire sont des femmes et des enfants, qui
sont le plus souvent au contact des volailles. L’Égypte, qui avait envoyé pas moins de cinq représentants au colloque organisé à Vérone sur la
vaccination des oiseaux, doit également faire face à une résistance accrue du virus aux médicaments. Comme partout dans le monde. À titre de comparaison,
l’Indonésie – où l’abattage, le confinement et la quarantaine des volailles sont mal suivis – a déjà atteint, en janvier 2007, le cap des 75 cas humains.

Virus variants

Le Journal of the American Medical Association a publié, le 4 avril, une étude de virologistes japonais qui ont observé l’émergence (attendue) de souches
résistantes aux antiviraux tels le Tamiflu ou le Relenza. Cette sensibilité réduite aux inhibiteurs de la neuraminidase (une des protéines du virus qui aide à
la traversée des membranes et favorise la prolifération virale) s’associe à une transmission facilitée du virus. Les chercheurs ont testé la
sensibilité de souches de virus influenza de type B (humains) isolés appartenant à 74 enfants atteints de grippe classique, avant et après l’utilisation du Tamiflu
(Olsetamivir). Ils ont également “pioché” 422 virus humains parmi les milliers d’isolats de patients adultes hospitalisés dans 4 hôpitaux communaux au Japon,
pendant la saison 2004-2005.

Ils ont ainsi découvert que les mutations entraînant une résistance aux antiviraux étaient fréquentes. Ainsi, un virus variant a été
découvert sur les 74 virus d’enfants. Celui-ci avait une sensibilité réduite au Tamiflu, avec une mutation du gène de la neuraminidase: dans la chaîne
protéique transcrite à partir du gène, un acide aminé (Glycine) avait été substitué par un autre (Alanine). Ils ont aussi observé sept
virus variants résistants, également atteints d’une mutation du gène de la neuraminidase, parmi les 422 virus de patients non traités. Le Japon étant le pays
au monde utilisant le plus de Tamiflu et de Relenza, explique une éditorialiste du Jama, il n’est pas étonnant que cette pression de sélection importante ait fait
naître ces virus variants.

Jean-Michel Bader

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