En Grande-Bretagne, les groupes agroalimentaires n’ont pas fait dans la dentelle. Plutôt que de s’embarrasser avec des données nutritionnelles pas forcément
compréhensibles par le consommateur, des entreprises ont fait le choix d’imposer sur leur emballage un feu tricolore. Cette signalétique très visible classe les produits
alimentaires en trois catégories : les indésirables, neutres et conseillés. Une vision jugée simpliste et vexatoire par les groupes agroalimentaires en France qui
ont choisi un autre mode de communication.
Coca-Cola, Danone, Kellogg’s, Kraft, Masterfoods, Monoprix, Nestlé, Pepsico et Unilever viennent de s’entendre pour que leurs 5 000 produits, qui représentent de 35 % à 65
% des parts de marché des rayons concernés, parlent le même langage nutritionnel. Deux informations seront délivrées. Sur la face avant de l’emballage doit
figurer les apports en énergie d’une portion. Par exemple, un emballage de lasagnes indiquera que chaque portion de ce plat contient 350 calories soit 18 % des éléments
nutritionnels journaliers d’un adulte. Et au dos de ce même produit sont détaillées, les teneurs en sucres, lipides, acides gras et sodium.
Autodiscipline. 45 % des consommateurs recon-naissent lire les informations nutritionnelles selon l’étude de l’association de consommateurs, CLCV. « Aucun système n’est
parfait. Il faudra encore éduquer les consommateurs. Mais nous préférons être exhaustifs que simplistes », insiste Bruno Luisetti, PDG de Kraft Food France.
D’autres marques devraient rejoindre cette initiative.
Ce principe repose sur l’autodiscipline des groupes engagés. Aucune autorité de contrôle ne veillera à la bonne marche de ce dispositif. Bruxelles encadre de plus en
plus la communication nutritionnelle et exige des États membres une clarification et une harmonisation, notamment sur les allégations santé. Neuf groupes ont pris les
devants.

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