500 À 1 000 HECTARES de maïs transgéniques ont été cultivés en 2005 en France. 5 000 hectares l’ont été en 2006.
Les prévisions pour 2007 s’accordent sur une surface comprise entre 30 000 et 50 000 hectares.
Une goutte d’eau à l’échelle mondiale alors que les cultures génétiquement modifiées progressent à un rythme de 10 à 15 millions d’hectares par
an. Il n’empêche, jamais la France n’avait connu une telle progression. Et ce alors qu’un seul maïs OGM n’est autorisé, le Mon 810.
Les agriculteurs français se seraient-ils convertis aux OGM ? Si deux syndicats, la Confédération paysanne et la Coordination rurale s’opposent fermement au
développement des OGM, la FNSEA longtemps mal à l’aise sur le sujet a clarifié ses positions. « Nous voulons que l’agriculteur puisse choisir d’en cultiver ou
non.
Nous aurions aimé qu’une loi encadre davantage ce mode de culture et qu’un système d’assurance par péréquation en cas de dissémination fortuite protège
les agriculteurs », explique Didier Marteau, en charge de ce dossier à la FNSEA.
Longtemps le syndicat a dû affronter une division interne entre les éleveurs opposés à tout développement des cultures OGM et les cultivateurs de maïs
fervents partisans. L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), entité adhérente à la FNSEA, a mené un lobbying actif. « Outre
les études menées en plein champ de 2002 à 2004, des éléments concrets nous ont aidés dans notre démarche », reconnaît Vincent
Gauthier de l’AGPM.
Les sécheresses à répétition de 2003, 2005 et 2006 ont fortement diminué les rendements de maïs en raison notamment de la prolifération de
chenilles (pyrale) liée aux fortes chaleurs. Or le Mon 810 résiste précisément aux attaques de pyrales. Pour les agriculteurs, le calcul est vite fait.
D’autant e ce maïs génétiquement modifié offre des rendements à l’hectare supérieur de 10 %. Mais c’est surtout la possibilité d’un
débouché à l’export qui a fini par convaincre les plus sceptiques. Car planter du maïs OGM est une chose, le vendre en est une autre.
En France, les réticences sont encore trop grandes pour envisager une commercialisation. En revanche, l’Espagne, voisine des grandes plaines du Sud-Ouest, est disposée à
importer du maïs OGM français jusqu’à environ 2 millions de tonnes par an. Les États-Unis investissent six fois plus que les Européens Il n’en reste pas moins
que le développement de ces cultures repose sur un seul gène importé des États-Unis, le Mon 810.
Son propriétaire, la firme Monsanto, domine le marché mondial des semences en réalisant 40 % de son chiffre d’affaires annuel avec les royalties qu’il perçoit sur
ses brevets ! Et la tendance ne semble pas près de s’inverser quand on sait que les États-Unis investissent chaque année six fois plus que l’Union européenne dans
les biotechnologies (1 200 millions de dollars contre 250 millions).
Difficile pour les semenciers français et européens de rivaliser quand, en plus, leurs essais sont détruits par les opposants aux OGM. Ce fut notamment le cas, en 2004,
à Marsat (Puy-de-Dôme), de maïs expérimentaux conçus par l’Inra et Biogemma pour donner le même rendement en consommant moins d’azote. « C’est
d’autant plus stupide que, s’agissant de plants castrés, il ne pouvait y avoir dissémination de pollen transgénique.
En re, ces recherches vont dans le sens du développement durable : les engrais azotés sont fabriqués avec du pétrole qui devient de plus en plus rare et cher !
», s’indigne Bertrand Hirel, chercheur à l’Inra de Versailles, qui ne cache pas que l’américain Pioneer et le suisse Syngenta s’intéressent à ses travaux…

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