L'affaire du lait contaminé a été étouffée avant les JO

L'affaire du lait contaminé a été étouffée avant les JO

 

Entre l’image et le scandale, le gouvernement chinois a vite tranché. Au courant avant le coup d’envoi de la cérémonie d’ouverture, le parti a caché la
présence de mélamine dans certains échantillons de lait en poudre, pour préserver des olympiades sans tache. Les autorités de la ville de Shijiazhuang
ont reconnu avoir été informées par la société Sanlu de problèmes sanitaires liés à la présence de mélamine dans
ses produits dès le 2 août, mais ont attendu le 9 septembre pour faire remonter l’information au niveau provincial. «Nous nous sentons coupables et
regrettons», déclarait lundi le porte-parole de la municipalité, dont le maire a démissionné aussitôt le scandale mis au jour.

Nouveau coup porté au contrôle de la presse : un reporter de l’hebdomadaire Nanfang Zhoumo, basé à Canton, s’est rendu en juillet dans la province du
Hebei – où est basée l’entreprise -, pour enquêter sur les liens entre la qualité du lait en poudre Sanlu et la présence de calculs dans les reins des
enfants. Le journaliste avait été alerté par le premier des quatre décès, enregistré en mai. Censuré, l’article n’a jamais paru. La
presse chinoise a révélé, la semaine dernière, que la marque chinoise a reçu des plaintes des consommateurs dès décembre 2007.

En début de semaine, les unes des journaux faisaient la part belle au retour triomphant de la troisième mission spatiale chinoise. Mais Pékin ne peut ignorer la
colère grandissante de la population. Des centaines de parents faisaient la queue devant les hôpitaux, ces dernières semaines, pour réclamer des soins
gratuits. Un couple a décidé de poursuivre en justice Sanlu et réclame 15 000 euros de dommages et intérêts. Si les tribunaux,
étroitement liés au pouvoir, reçoivent la plainte, ce serait la première affaire du genre en République populaire. Les familles auront toutefois du
mal à se faire entendre. Plusieurs avocats en contact avec les parents des bébés malades ont reçu des pressions pour se rétracter.

 

Point de non-retour

Le pouvoir central a bien compris la nécessité de ramener le calme et la confiance. Hu Jintao passait la fête nationale du 1er octobre à faire le tour
des usines laitières de l’Anhui, province proche de Shanghaï. «La sécurité alimentaire est directement liée au bien-être des masses et au
savoir-faire des entreprises. Les entreprises chinoises devraient tirer les leçons de l’affaire Sanlu», a estimé le président chinois. Espérant
éviter un point de non-retour, les marques chinoises ont fait retirer la plupart de leurs produits des étals et s’efforcent de communiquer pour rassurer les consommateurs.
Une batterie de tests, conduits par la General Administration of Quality Supervision, Inspection and Quarantine (GAQSIQ), organe de contrôle national, a montré que
12 % des échantillons testés présentaient de la mélamine mais assurait qu’aucun des flacons sortis des usines après le 12 septembre – et la
prise de mesures sanitaires drastiques dans les usines – ne présentaient un danger. Les marques occidentales surveillent également de près leurs produits comportant
du lait chinois dans leur composition. Après Cadbury, le néerlandais Unilever a rappelé ses thés au lait Lipton vendus à Hongkong.

Julie Desné


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