L'agroalimentaire se dit moins gourmand face aux distributeurs

 

Newsfood.com International

La baisse du prix des matières premières va permettre aux industriels de l’agroalimentaire de réduire en 2009 leurs demandes de hausse de tarifs à 2%
maximum, au regard des 5% envisagés encore en novembre dernier, déclare Jean-René Buisson, le président de l’Association nationale des industries
alimentaires (Ania).
Ces négociations entre les distributeurs (Carrefour, Casino, Leclerc, Auchan, etc.) et les industriels (Danone, Mars, Unilever, etc.), censées aboutir le 15
février, devraient encore durer un mois, a-t-il précisé dans une interview téléphonique à Reuters.
“Nous considérons que l’on fait passer plutôt des augmentations qui sont entre 0 et 2% alors que Leclerc dit partout qu’il reçoit des demandes d’augmentation de 8
à 10% des fournisseurs, ce que nous contestons formellement”, a déclaré Jean-René Buisson.
Et d’ajouter : “Si nous avions eu les mêmes tensions que l’an dernier sur les matières premières, nous aurions pu passer des hausses de 8 à 10%. Cela aurait
été un clash absolu”.
Néanmoins, poursuit-il, “tous les accords sont loin d’être signés car il y a beaucoup de blocages dans l’application de la loi de modernisation de
l’économie”.
“ON NE VEUT PAS REPERDRE DE L’ARGENT”
L’Ania, qui représente les entreprises du secteur agroalimentaire, revendique un chiffre d’affaires global de 150 milliards d’euros. 10.000 entreprises y adhèrent dont les
50 plus grandes réalisent 70% du chiffre d’affaires de l’Ania.
Jean-René Buisson affirme que les industriels n’ont répercuté l’année dernière qu’un quart de la hausse des prix des matières premières
et qu’ils ne peuvent accepter le refus de hausse des prix formulé par les distributeurs.
“On ne veut pas rattraper nos pertes de 2008 mais on ne veut pas reperdre de l’argent car il faut bien avoir en tête que les marges des sociétés alimentaires petites
ou moyennes, qui pèsent 90% du secteur, se baladent en marge nette entre 0,5 et 1,5%”, ajoute-t-il.
Globalement, Jean-René Buisson admet que les sociétés alimentaires s’en sortent plutôt bien par rapport à d’autres secteurs d’activité mais il
observe que la part consacrée aux dépenses d’alimentation baisse.
“Il y a 10 ans, l’alimentation représentait à peu près 16% du panier de la ménagère. Elle est aujourd’hui autour de 12-13%. Ça peut encore
descendre”, affirme-t-il.
L’industrie alimentaire française, qui occupe la deuxième place mondiale derrière celle des Etats-Unis, emploie environ 400.000 personnes.

 

Noelle Mennella

 

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