26 juin 2007, Strasbourg – Répondant à l’invitation du Président du Conseil de l’Europe M. René Van der Linden, M. Jacques Diouf, Directeur
général de la FAO, a exhorté hier les parlementaires européens à relever le défi de la lutte contre la faim et assurer aux plus démunis, qui
sont surtout des ruraux, des conditions de vie décentes.

Intervenant devant l’Assemblée parlementaire en séance plénière lors du débat consacré aux relations entre l’Europe et le Bassin
méditerranéen, M. Diouf a rappelé d’emblée la nature des relations culturelles et économique tissées entre l’Europe et le continent africain.

“Sans un effort particulier et durable de la communauté internationale au cours des prochaines années pour réduire la pauvreté et la malnutrition en Afrique,
l’ensemble du monde peut craindre des réveils douloureux”, a affirmé le Directeur général de la FAO.

Il a souligné d’ailleurs que l’Europe accueille déjà un tiers de tous les migrants, dont un sur quatre migre clandestinement.

Abordant les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, M. Diouf a exhorté les parlementaires à faire en sorte que l’Europe réagisse et s’inscrive dans
le mouvement de réforme de l’aide au développement en replaçant l’agriculture comme un enjeu majeur.

“Il faut également que les marchés agricoles, au niveau régional ou international, soient organisés de façon équitable pour que les pays en
développement ne soient pas victimes d’une libéralisation accrue. Dans ce sens, les négociations à l’OMC sont essentielles et le dispositif “aide pour le commerce”
(Aid for trade) doit leur permettre de développer une offre plus compétitive en matière de prix et de qualité”, a-t-il ajouté.

Relever les défis

Concernant plus spécifiquement le Bassin méditerranéen, M. Diouf a indiqué que sur le plan agricole et alimentaire, la Méditerranée du Sud et de l’Est
représente à elle seule environ 14% des importations mondiales de céréales, alors que sa population compte moins de 9% de la population mondiale et que les
projections indiquent une plus grande dépendance vis-à-vis des importations à l’avenir.

Pour faire face à ces défis, le Directeur général de la FAO a rappelé qu’une agriculture durable, bien gérée, dynamique, prospère, qui
assure la production vivrière et contribue aussi à la stabilisation des populations, à la gestion des espaces ruraux et de l’environnement, n’est pas un projet
réservé aux pays développés.

M. Diouf a souligné devant les parlementaires du Conseil de l’Europe que “le plus fondamental des droits de l’homme, c’est le droit à la vie, à l’existence, à
l’intégrité biologique qui n’est pas garanti aux 854 millions d’affamés du monde”.

“Avec votre soutien, je suis convaincu que nous pourrons relever le défi de la lutte contre la faim et assurer aux plus démunis, qui sont surtout des ruraux. des conditions de vie
décentes”, a-t-il conclu.

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