30 mai 2007, Rome – Un groupe d’experts convoqué par la FAO a adhéré aux propositions soumises à la Convention des Nations Unies sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) visant à ajouter le poisson-scie et l’anguille européenne à
une liste d’espèces animales soumises à des restrictions commerciales, une mesure destinée à protéger les stocks sauvages.

Le groupe de la FAO s’est réuni dans le cadre d’un processus créé par la FAO et la CITES pour offrir à la Convention des avis d’experts sur les
espèces aquatiques susceptibles de faire l’objet de restrictions commerciales (voir lien ci-contre).

Une fois qu’une espèce est inscrite sur la liste CITES, son commerce peut être interdit complètement dans les cas extrêmes ou, dans d’autres situations,
autorisé uniquement si les exportateurs sont en mesure de certifier que l’espèce a été récoltée légalement et que son commerce ne nuira
pas à sa survie à l’état sauvage.

La Convention a été mise en place dans le but de conserver les espèces dont les stocks sont victimes des effets négatifs du commerce.

Lors de leur réunion à La Haye la semaine prochaine pour la conférence annuelle des parties à la Convention (3-15 juin 2007), les membres de la CITES statueront
sur les propositions visant à ajouter un certain nombre d’espèces à la liste.

Cette année, sept animaux aquatiques ont été proposés par les Etats membres: le Ptérapogon kauderni, la langouste brésilienne, l’anguille
européenne, le requin-taupe, le corail rouge et rose, le poisson-scie et l’aiguillat tacheté.

Deux espèces méritent d’être réglementées…

Le groupe de la FAO a évalué ces propositions sur la base de critères biologiques et commerciaux énoncés par la CITES, à savoir la chute des effectifs
bien en dessous des niveaux historiques, le rôle du commerce international dans la surexploitation des stocks, l’efficacité de la gestion actuelle de l’espèce,
et les aspects liés à la mise en application des restrictions CITES.

Les experts ont constaté que seulement deux des sept espèces proposées rassemblent toutes les conditions requises pour figurer sur la liste: le poisson-scie et
l’anguille européenne. Le groupe d’experts a constaté que les populations de ces espèces ont toutes deux décliné considérablement par
rapport aux records historiques, que le commerce international est un facteur essentiel de surexploitation, et que, par le passé, ces espèces n’ont pas fait l’objet
d’une bonne gestion.

Ils en ont conclu que les difficultés d’application et les éventuelles conséquences négatives liées à l’insertion de ces espèces
seraient limitées.

… et cinq autres espèces, non

Les autres espèces proposées ne répondaient pas aux critères d’insertion sur la liste CITES. Le groupe a jugé que, pour la plupart de ces
espèces, il existait des limitations spécifiques qui rendraient l’application des restrictions difficiles, ce qui grèverait les autorités locales de charges
administratives supplémentaires sans avoir d’impact positif véritable sur leur conservation.

Une meilleure gestion pour toutes les espèces à risque

Le groupe a fait remarquer que si seulement deux espèces peuvent être inscrites sur les listes CITES, pour les cinq autres, on constate de graves lacunes de gestion, auxquelles il
a invité à remédier de toute urgence par un meilleur aménagement des pêches, afin d‘empêcher les taux d’exploitation de dépasser les
seuils acceptables.
 

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